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DES ARMES BIEN GAULÉES

Boules de feu, frondes, instruments de siège et artillerie : quel était l’arsenal réel des Gaulois ?

L’armée de renfort approche, et les combats vont reprendre. Il est grand temps de savoir quelles sont les armes à disposition des Gaulois !


D’abord, l’équipement varie beaucoup selon le statut social : si les aristocrates sont les mieux équipés, avec des cottes de maille par exemple, les guerriers les plus pauvres ne portent que leurs vêtements en laine ou en lin. La version intermédiaire étant un revêtement de cuir. Une bonne partie des armes gauloises en acier ne comprennent pas assez de carbone, et le fer reste mou, plus malléable que celui des armes romaines.

Les Gaulois se battent principalement à l’épée longue, pour les cavaliers, et à la lance, pour les fantassins. Côté armes de jets, on trouve frondes, arcs (Vercingétorix a spécialement recruté beaucoup d’archers à Alésia), et le javelot ou tragule. Leur but est de fragiliser la défense ennemie avant le choc frontal.

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Répliques d’armement gaulois de l’époque du siège d’Alésia : bouclier, enseigne de sanglier et casque.

Quant à l’équipement, on attribue l’invention de la cotte de maille aux Celtes. Cependant, tous les Gaulois n’ont pas les moyens de s’en payer une, car ça coûte cher : on parle de 30 000 à 50 000 anneaux ! Le casque est muni de deux protège-joue, les “paragnathides”.

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Selon César dans La Guerre des Gaules, les Gaulois utilisent des armes incendiaires : boules de suif et de poix enflammées, tonneaux remplis des mêmes matériaux qui roulent du haut des murs d’Avaricum jusqu’aux engins de siège romains, ou encore pièces de bois taillées en pointe et durcies au feu, puis enduites de combustible et projetées pour se ficher dans le bois des palissades ou des tours de siège.

 

Le talon d’Achille des Gaulois : l’artillerie. Ils manquent de moyen de propulsion pour leurs projectiles. Alors même qu’ils ont pu se familiariser avec la catapulte (onagre), la baliste ou le scorpion quand ils servaient d’auxiliaires aux Romains, ils ne semblent pas en avoir développé. Ces armes sont effectivement complexes et délicates, il ne suffit pas d’en voir pour pouvoir en faire faire et savoir les manœuvrer.

Reconstitutions de lances et de boucliers gaulois

Les armes retrouvées à Alésia constituent le plus grand arsenal hérité de l’Antiquité romaine. Et pour cause : il faudra attendre Napoléon pour retrouver une armée aussi grande que celle mobilisée par Vercingétorix (entre 300 000 et 400 000 hommes en comptant l’armée de secours). 

 

Comme dans la plupart des batailles remportées par les Romains, on a surtout retrouvé de l’équipement gaulois à Alésia :

  • des casques, surtout gaulois

  • plus d’une centaine d’éléments de boucliers germains et gaulois

  • des épées celtiques

  • des glaives et des poignards romains

  • presque 400 fers d’armes de jet et de hast (la lance)

  • 146 pointes de flèches, surtout celtiques

  • 11 traits de catapulte romains

  • 16 boulets en calcaire romains

  • 29 balles de fronde en plomb romaines

  • près d’une vingtaine d’armes inertes (stimuli, chausse-trapes)

  • des centaines de clous de sandales romaines

  • et même un bout de tente romaine !

Balles de fronde et stimuli romains (dissimulés dans le sol)

Le saviez-vous ? Les Romains marquaient parfois leurs balles de frondes et leurs projectiles. Souvent, c’est pour mesurer l’engagement de chaque troupe après le combat. Mais les Romains y écrivaient parfois des injures aussi !

 

Voilà, vous savez tout pour bien défendre (ou attaquer) Alésia.